# Pourquoi les Chinois parlent-ils de « stase du sang » (xuè yū) ? Ton corps ne vieillit pas, c'est que la circulation est bloquée

Une question

Tu as déjà vécu ça ?

Le matin en te regardant dans le miroir, tu découvres que la couleur de tes lèvres est sombre, pas rouge vif, mais un peu violacée. Tu penses que c'est parce que tu n'as pas bien dormi. La langue sortie, les bords ont des points violacés, comme si on avait saupoudré du poivre. Tu penses que c'est parce que tu as mangé épicé. Tu restes assis toute la journée, le soir en te levant, les jambes sont engourdies comme si elles n'étaient pas à toi, il faut marcher quelques pas pour récupérer. Tu penses que c'est à cause de la posture. Quand tu as tes règles, le ventre fait mal comme si on te tordait, le sang menstruel contient des caillots rouge sombre, comme de la gelée. Tu penses que c'est du « froid dans l'utérus ».

Tu vas à l'hôpital, on a fait une formule sanguine complète, une coagulation, le D-dimère, le médecin dit : « Les indicateurs sont normaux, peut-être que la circulation est un peu mauvaise. »

Tu vas voir un médecin chinois, le vieux docteur regarde ta langue et dit : « Il y a du yū. » (Stase.)

Aucun examen n'a été fait, un diagnostic est tombé. Tu y crois ou pas ?

Encore plus étonnant, ce mot « yū » (stase), dans le dictionnaire de la médecine chinoise, a des centaines de variantes. Xuè yū, qì zhì, tán yū, hán yū, rè yū... Le même « blocage », peut bloquer en autant de variétés. C'est quoi exactement ce truc ?

L'explication traditionnelle chinoise

Le mot « yū » (stase), dans le Shuōwén Jiězì, signifie « accumulation de sang » — le sang s'accumule là, il ne bouge plus. Les anciens observaient très directement : après une blessure, la peau devient bleue et violette, c'est le sang qui déborde et se bloque sous la peau ; après une colère, oppression et douleur dans la poitrine, c'est le qì qui ne circule pas correctement qui provoque l'obstruction du sang ; en vieillissant, des taches apparaissent sur le visage, c'est le ralentissement de la circulation du qì et du sang, les déchets se déposent.

La médecine chinoise divise le « yū » en plusieurs types, mais pour le commun des mortels, il suffit de retenir trois types :

Le xuè yū (stase du sang) — le sang circule trop lentement, bloqué comme un parking. Les personnes qui ont du xuè yū ont les lèvres violacées, des points de stase sur la langue, la peau sèche comme des écailles, une douleur fixe et piquante à un endroit du corps (comme les douleurs menstruelles, la douleur thoracique). Le xuè yū, c'est comme si toutes les voitures sur la route s'arrêtaient, et derrière il y a encore des voitures qui arrivent, plus ça bloque, plus c'est grave.

Le qì zhì (stagnation du qì) — le qì ne circule pas, les feux de circulation sont en panne. Les personnes qui ont du qì zhì ont oppression thoracique, ballonnement abdominal, dépression émotionnelle, aiment soupirer. Le qì zhì, c'est comme si les feux de circulation tombaient en panne, les voitures pouvaient rouler, mais les règles sont en désordre, personne ne peut avancer. Ce qui est pire, c'est que le qì ne circulant pas, le sang ne circule pas non plus, le qì zhì qui dure longtemps devient inévitablement du xuè yū.

Le tán yū (stase de glaire) — les déchets s'accumulent au milieu de la route, bloquant complètement la route. Les personnes qui ont du tán yū ont une tendance à l'embonpoint, l'enduit lingual épais et gras, la tête lourde et l'esprit confus, peut-être des plaques dans les vaisseaux sanguins. Le tán yū, c'est comme si au milieu de la route il y avait une montagne de déchets, non seulement les voitures ne peuvent pas avancer, mais la route elle-même est occupée.

Ces trois types de yū, ensemble, c'est ce que la médecine chinoise appelle le « syndrome de stase » (yū zhèng). Ce n'est pas une maladie spécifique, c'est le terme général pour le problème du système de transport du corps — le sang, le gaz, les déchets métaboliques, dès que l'un d'eux ne circule pas bien, c'est du « yū ».

Les anciens n'avaient pas d'échographie, pas d'angiographie, mais avec leurs yeux et leurs mains, ils ont découvert avec précision le phénomène du « blocage ». La peau bleue et violette, c'est du sang bloqué ; l'oppression thoracique et les soupirs, c'est du gaz bloqué ; l'embonpoint et la tête lourde, c'est des déchets bloqués. Avec le mot « yū », ils ont résumé ce que la médecine moderne a besoin de diviser en plusieurs départements pour expliquer.

Bon, maintenant traduisons le « yū » en langage moderne.

Je ne vais pas te parler d'hémorhéologie, d'agrégation plaquettaire, de la fonction endothéliale vasculaire. Trop complexe. Tu n'as qu'à retenir une analogie :

C'est aussi simple que ça. Ton « yū », c'est essentiellement un problème de microcirculation — le sang, la lymphe, le liquide tissulaire circulent trop lentement dans les capillaires et les petits vaisseaux, voire s'arrêtent localement.

Plus précisément :

À quoi correspond le xuè yū ? À l'augmentation de la viscosité sanguine, au ralentissement du flux sanguin, à la stagnation capillaire. Les personnes sédentaires ont un reflux veineux des membres inférieurs ralenti, le sang stagne dans les veines des jambes, l'oxygène et les nutriments n'arrivent pas aux cellules, les déchets métaboliques ne sont pas évacués non plus — jambes engourdies, gonflées, voire varices. C'est du xuè yū.

À quoi correspond le qì zhì ? À la perturbation de la régulation du système nerveux autonome, à l'anomalie du tonus du muscle lisse. Quand on est en colère, le système nerveux sympathique s'excire, les vaisseaux sanguins se contractent, la motilité gastro-intestinale ralentit, tout le corps entre en « mode combat », le sang est redistribué, beaucoup d'endroits sont « privés d'approvisionnement ». Les personnes dont le qì circule bien, les vaisseaux sanguins se dilatent quand il le faut, se contractent quand il le faut, le rythme est normal. Les personnes qui ont du qì zhì, le rythme est en désordre, les endroits qui devraient être ouverts ne le sont pas.

À quoi correspond le tán yū ? À l'accumulation de déchets métaboliques, à l'anomalie lipidique, à l'athérosclérose. Le cholestérol LDL se dépose sur la paroi des vaisseaux sanguins, les macrophages le phagocytent pour former des cellules moussues, qui finissent par devenir des plaques. C'est « les déchets qui s'accumulent au milieu de la route ». La lumière du vaisseau sanguin devient de plus en plus étroite, le flux sanguin de plus en plus lent, et finit par être complètement bouché — infarctus du myocarde ou accident vasculaire cérébral.

Alors, le « yū » n'est pas de la métaphysique. C'est une analogie fonctionnelle — elle décrit l'état de congestion du système de transport interne du corps. Le sang, le gaz, les déchets métaboliques, dès que l'un d'eux « ne circule pas bien », c'est du yū.

Les anciens n'avaient pas de microscope, mais avec le concept de « yū », ils ont décrit avec précision ce que les modernes ont besoin de « trouble de la microcirculation », « perturbation du système nerveux autonome », « athérosclérose » — trois concepts — pour expliquer.

Exemples de la vie

Quatre anecdotes pour que tu comprennes en un instant ce qu'est le « yū ».

Anecdote 1 : Les douleurs menstruelles avec caillots.

Chaque fois que tu as tes règles, la douleur dans le bas-ventre est comme si quelqu'un te tordait une serviette à l'intérieur. Le sang menstruel n'est pas rouge vif, c'est rouge sombre, et il y a des caillots comme de la gelée. Tu as pris de l'ibuprofène, la douleur est soulagée, mais les caillots sont toujours là. La médecine chinoise dit : « Embouteillage dans l'utérus. »

Vérité : la contractilité utérine est insuffisante, le sang menstruel ne s'écoule pas correctement, une partie du sang reste trop longtemps dans la cavité utérine ou le vagin, l'hémoglobine est oxydée, la couleur devient sombre, formant des caillots. En même temps, la sécrétion locale de prostaglandines est excessive, provoquant le spasme du muscle lisse utérin — la douleur. L'ibuprofène inhibe les prostaglandines, soulage la douleur mais ne « débouche » pas. La médecine chinoise active le sang et dissout les stases, c'est aider l'utérus à « déboucher ».

Anecdote 2 : Les bleus après un coup.

Tu t'es cogné le genou, la peau n'est pas abîmée, mais le lendemain il y a un gros bleu, appuyer dessus fait mal. Tu penses que c'est du « sang qui s'est accumulé », tu attends qu'il se dissipe tout seul. La médecine chinoise dit : « Parking local. »

Vérité : les capillaires sous-cutanés ont rompu, le sang s'écoule dans les espaces tissulaires. Normalement, le corps absorbe lentement ce sang. Mais la vitesse d'absorption dépend de la circulation sanguine locale — les endroits où la circulation est bonne, l'absorption est rapide ; les endroits où la circulation est mauvaise, le « parking » dure longtemps. La chaleur et les médicaments qui activent le sang et dissolvent les stases, c'est accélérer ce processus de « nettoyage ».

Anecdote 3 : Les jambes engourdies après sédentarité prolongée.

Au bureau, assis huit heures d'affilée, l'après-midi vers trois ou quatre heures, les mollets commencent à gonfler, se lever et marcher, c'est comme marcher sur du coton. Tu penses que c'est « un manque de calcium ». La médecine chinoise dit : « Embouteillage sur l'autoroute des jambes. »

Vérité : en position assise, les muscles des jambes ne bougent pas, ils manquent de l'effet « pompe musculaire », le reflux veineux repose presque entièrement sur la gravité. Le sang s'accumule dans les veines des mollets, la pression hydrostatique capillaire augmente, le liquide tissulaire s'écoule, les jambes gonflent, s'engourdissent. Dans les cas graves, les valves veineuses sont endommagées, développant des varices. Ce n'est pas un manque de calcium, c'est du « blocage ».

Anecdote 4 : Les taches de vieillesse / le mélasma.

Après cinquante ans, des taches brunes apparaissent sur le visage et les mains, plus on est exposé au soleil, plus elles sont visibles. Tu penses que c'est « le vieillissement de la peau ». La médecine chinoise dit : « Le blocage de la microcirculation cutanée. »

Vérité : dans la microcirculation cutanée, le flux sanguin ralentit, les déchets métaboliques (comme la lipofuscine) se déposent dans la couche basale et le derme de l'épiderme. En même temps, les ultraviolets accélèrent la synthèse de la mélanine. Les personnes qui ont une bonne microcirculation, les déchets métaboliques sont évacués à temps ; les personnes qui ont une mauvaise microcirculation, les déchets se déposent, formant des taches. C'est la manifestation du « yū » sur la peau.

Quatre anecdotes, une logique sous-jacente : le système de transport du corps a un problème, ce n'est pas le système de production qui a un problème.

Recherches modernes

Le « yū » a-t-il des études scientifiques ?

Oui, et beaucoup. Les scientifiques n'utilisent pas le mot « yū », ils utilisent :

L'hémorhéologie. Les recherches montrent que les patients atteints de syndrome de xuè yū ont une viscosité sanguine totale, une viscosité plasmatique, un index d'agrégation érythrocytaire significativement supérieurs aux normaux. En bref, le sang est devenu « épais », il ne coule plus. C'est l'indicateur objectif du « xuè yū ».

La recherche sur la microcirculation. En observant avec un microscope de microcirculation des ongles, on découvre que les patients atteints de syndrome de xuè yū ont des capillaires plus fins, un flux sanguin plus lent, une agrégation érythrocytaire, voire un arrêt local du flux sanguin. C'est la preuve directe du « yū » au niveau microscopique.

La fonction endothéliale vasculaire. Les recherches montrent que le qì zhì et le xuè yū sont étroitement liés à la perturbation de la fonction endothéliale vasculaire. Les cellules endothéliales libèrent normalement du monoxyde d'azote (NO), faisant dilater les vaisseaux. Quand la fonction endothéliale est perturbée, le NO diminue, les vaisseaux se contractent, la résistance au flux sanguin augmente — c'est le mécanisme moléculaire par lequel le « qì zhì » provoque le « xuè yū ».

La recherche sur les médicaments qui activent le sang et dissolvent les stases. Le tanshinone dans le salvia miltiorrhiza (dān shēn), le ligustrazine dans le ligusticum chuanxiong (chuān xiōng), ont été confirmés comme ayant des effets anti-agrégation plaquettaire, d'amélioration de la microcirculation, de protection de la fonction endothéliale. Ces plantes médicinales chinoises ne sont pas de la métaphysique, leurs principes actifs ont été validés par la science moderne.

Ces recherches démontrent pleinement : le « yū » est un phénomène qui peut être décrit avec précision en langage scientifique moderne. Les anciens l'ont résumé avec le mot « yū », les modernes l'ont décrit avec « trouble de la microcirculation », « anomalie hémorhéologique », « perturbation de la fonction endothéliale vasculaire » — c'est la même chose.

Méthodes pratiques

Tu comprends le « yū », comment déboucher ?

D'abord, démontons quelques idées reçues :

Prendre de l'aspirine n'est pas une panacée. L'aspirine anti-agrégation plaquettaire, prévention de la formation de thrombus, mais c'est « prévenir les accidents », pas « déboucher l'embouteillage ». Les personnes qui ont déjà du yū, en prenant simplement de l'aspirine, l'effet est limité, il faut accompagner avec l'amélioration de la circulation.

Le massage n'est pas meilleur quand il est plus fort. Le massage qui active le sang et dissout les stases, il faut qu'il soit « modéré » — trop léger, ça ne pousse pas ; trop fort, ça provoque de nouveaux dommages. Va voir un professionnel, ne te masse pas toi-même n'importe comment.

Les médicaments qui activent le sang et dissolvent les stases ne sont pas pour tout le monde. Les femmes enceintes, les personnes qui ont des règles abondantes, les personnes qui ont des troubles de la coagulation, en mangeant des aliments ou en prenant des médicaments qui activent le sang et dissolvent les stases, ça peut avoir l'effet inverse. D'abord identifie ta constitution, ensuite parle de méthode.

Méthodes concrètes :

Faire de l'exercice modéré. La méthode la plus simple et la plus gratuite pour déboucher. Trente minutes par jour de marche rapide ou de jogging, laisse la pompe musculaire se mettre en marche, le reflux veineux des membres inférieurs s'accélère, la microcirculation de tout le corps s'améliore. Les personnes sédentaires, toutes les heures, se lever et marcher deux minutes, c'est plus efficace que n'importe quel médicament.

Chaleur / bain de pieds. Chaud dilate, froid contracte, les vaisseaux sanguins se dilatent avec la chaleur, le flux sanguin s'accélère. Pendant les douleurs menstruelles, appliquer une bouillotte ; quarante-huit heures après un coup, appliquer de la chaleur ; avant de dormir, faire un bain de pieds avec de l'eau chaude à environ 40°C pendant vingt minutes — tout ça, c'est aider le corps à « faire fondre la glace et déboucher les routes ».

Manger des aliments qui activent le sang et dissolvent les stases. L'aubépine (digestion et résolution des stases), le carthame (activation du sang et libération des méridiens), le champignon noir (anti-agrégation plaquettaire), l'oignon (contient de la prostaglandine A, dilatation des vaisseaux), le gingembre (réchauffement des méridiens et dispersion du froid). Ce ne sont pas des médicaments, mais à long terme, c'est faire de l'entretien à tes vaisseaux sanguins.

Ne pas se mettre en colère. L'émotion est le « blocage » le plus insidieux. Quand on est en colère, le système nerveux sympathique s'excire, les vaisseaux sanguins de tout le corps se contractent, le sang est redistribué, l'approvisionnement en sang de l'estomac, de la peau, des membres diminue. Les personnes qui se mettent souvent en colère, le qì zhì et le xuè yū sont leur configuration de base. Apprendre à « débloquer ses émotions », c'est plus important que n'importe quel médicament.

Massage régulier. Les épaules, le bas du dos, les mollets — ces endroits qui bloquent le plus facilement après sédentarité, va régulièrement voir un professionnel pour libérer les méridiens, ou utilise toi-même un pistolet de massage, un rouleau en mousse pour te détendre. Le déblocage manuel, c'est comme engager une « équipe de déblayage » pour le corps.

Ces méthodes n'ont pas besoin que tu croies à la médecine chinoise. Tu n'as qu'à comprendre : ton corps est une ville, les vaisseaux sanguins sont les routes, le sang est le trafic, le qì et les déchets métaboliques sont les règles de circulation et l'évacuation des ordures. Le bon fonctionnement de la ville, ce n'est pas « construire plus de routes », mais « ne pas bloquer, nettoyer régulièrement ».

Résumé en une minute

🕐 Comprendre le « yū » en une minute

= L'embouteillage du corps.

Xuè yū = Le sang circule trop lentement, bloqué comme un parking (lèvres violacées, points de stase sur la langue, caillots dans le sang menstruel).

Qì zhì = Le qì ne circule pas, les feux de circulation sont en panne (oppression thoracique, ballonnement, aime soupirer).

Tán yū = Les déchets s'accumulent au milieu de la route, bloquant complètement (embonpoint, tête lourde, plaques dans les vaisseaux).

Le yū n'est pas du vieillissement, c'est du blocage. Une fois débouché, le teint s'améliore, les taches s'atténuent, la douleur disparaît.

Causes : sédentarité, colère, exposition au froid, alimentation grasse, manque de sommeil.

Méthodes : exercice, chaleur, manger de l'aubépine, du carthame et du champignon noir, ne pas se mettre en colère, massage régulier.

Les anciens l'appelaient « yū », les modernes l'appellent « trouble de la microcirculation ».

Noms différents, mais le corps le sait : quand ça bloque, il faut déboucher.

xiaokz · Concept 20

Au langage des sciences modernes, aider le monde à comprendre la sagesse traditionnelle chinoise.

Ni mystérieux, ni superstitieux, ni dépréciateur.

Comprendre, plutôt que simplement croire.

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